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Titre : Terrible comme des troupes sous leurs bannières
Auteur : You Know my Name (Participant 23)
Pour : Aonach Dubh (Participant 14)
Fandom : American Gods
Persos/Couple : Bilquis
Rating : PG
Prompt : Sandman/American Gods : une fic ou un dessin (voire les deux) décrivant ou montrant le rêve d'un dieu (de préférence Anansi ou Bilquis, mais tous les dieux sont possibles, anciens comme nouveaux). A quoi ressemble le rêve d'un dieu ? Comment se comportent-ils dans le domaine du rêve ? Le dessin ou la fic peut être dans l'ambiance du livre comme de la série.
Notes : J'ai gardé la partie rêve de ton prompt, sans toutefois réussir à y intégrer un Eternel en chair et en os - et puis je me fais la réflexion que Bilquis appartient aussi probablement beaucoup à Desir...
Pour ce qui est de Bilquis, j'ai puisé dans les éléments supplémentaires d'identité fournis par la série, mais également dans la mythologie diverse et floue qui entoure la reine de Saba.
J'espère que le texte et les illustrations te plairont autant que je me suis passionnée à les créer, et je m'excuse que les scans ne soient pas de meilleure qualité !



Lovée dans les draps écarlates, frémissante encore de pouvoir et d’adoration, Bilquis ferme les yeux. Les flammèches mourantes des chandelles jettent un éclat dansant et riche sur le brun foncé de sa peau de nouveau lisse et ferme, sur les fuseaux de ses cuisses.
Plus tard il faudra qu’elle se lève, qu’elle se débarrasse des vêtements laissés sur la chaise par sa dernière adoratrice, qu’elle allume de nouveau le téléphone fourni par Technical Boy, à la recherche d’une nouvelle conquête. Il y a là une dette, une obligation qu’elle devra un jour payer, elle le sait... Mais comment pourrait-elle regretter, quand l’écran, cette chose minuscule et pourtant si puissante, est la fenêtre ténue sur la Reine qu’elle était, dont elle se souvient à présent après s’être égarée pendant si longtemps ? Elle avait oublié ce sentiment qui lui revient maintenant, cette satiété, cette certitude de sa nature... Elle sait de nouveau ce qu’elle est, ce qui lui revient de droit ; et elle sait également que quoi que demande le Réseau en retour elle le donnera, tant la perspective d’oublier de nouveau est insupportable...
Mais tout cela c’est pour après. L’instant est à la plénitude, à la saveur déjà évanescente de la vénération si difficilement obtenue dans le seul temple qui lui reste, pâle écho de son culte passé…
Sa respiration s'apaise peu à peu. Bilquis rêve.



Au-delà des hautes colonnades du temple et des jardins, le désert vibre de lumière et de chaleur. Mais les marbres de Mahram Bilqis sont frais sous ses pieds nus ; résonnent du murmure des fontaines et de la mélodie égrainée sur les cordes d’un qanbüs, du doux grelos des parures d’or qui bruissent à chacun de ses mouvements ; l’air y est embaumé des senteurs de la myrrhe et de l’encens...
Là règne la Reine de Midi et devant-elle s’agenouillent courtisans et servants. Son peuple loue sa beauté et sa sagesse, ses ennemis craignent son intelligence. Son nom voyage avec les caravanes, porte avec lui la gloire du pays de Sheba, et les étrangers viennent de loin jusqu’à Ma'rib pour contempler sa splendeur opulente, pour franchir les huit piliers monumentaux du péricycle et s’enfoncer dans l’ombre du temple, pour la vénérer.
Tous ne repartent pas. Bilquis est une déesse, murmurent certains. Une enchanteresse qui descend des djinns et connaît les sorts inaccessibles aux mortels, qui dévore parfois ses amants. Une femme, juste une femme, disent d’autres, ni plus ni moins puissante que ne peut jamais l’être une femme. Frôler ses lèvres est sentir s’ouvrir devant soi les portes du paradis, toucher sa peau est une plénitude pour laquelle bien des hommes traversent le désert, écrivent des chants.
Dans le rêve Bilquis sait tout cela, comme elle sait qu’il s’agit d’un rêve, d’un souvenir au goût de miel, l’écho d’un passé à jamais révolu. Et pourtant elle laisse ses pas la mener le long des couloirs familiers jusqu’au centre du temple, ses doigts glisser sur les mots de pouvoir gravés dans les murs ; pourtant elle écoute la voix pure accompagnée du qanbüs qui s’élève, chante pour elle.
Qui est celle qui apparaît comme l’aurore,
belle comme la lune, pure comme le soleil,
mais terrible comme des troupes sous leurs bannières ?

“C’est moi”, murmure-t-elle dans le rêve, et son cœur est lourd comme de la pierre. “C’était moi.”



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