Titre : Comme un héros de conte de fées
Auteur : Opaline (Participant 33)
Pour Malurette (Participant 31)
Fandom : Berserk
Persos/Couple : Guts, Casca, Griffith, CascaGriffith à sens unique, plus ou moins GriffithGutsCasca sous-entendu.
Disclaimer : Berserk et ses personnages appartiennent à Kentarô Miura.
Rating : PG-13 pour le langage.
Prompt : la relation triangulaire entre Griffith, Guts et Casca… hum, dans la série de base c'est déjà suffisamment complexe pour que j'en rajoute… mais si tu peux y mettre la dimension « adoration des Faucons pour Griffith », le fait qu'ils le considèrent un peu comme un dieu, mais que ça n'empêche pas Guts et Casca de voir aussi ses côtés entièrement humains ?
Notes : Je suis désolée n'avoir pas posté à temps. J'ai eu du mal à l'écrire et des problèmes de connexion internet pour le poster au dernier moment.
Et... Hem, le sujet était assez vague, et c'était ma première tentative sur Berserk. Je crois que j'ai un peu dérapé à côté du prompt. Guts n'est pas facile à écrire - le niveau de langue oscille un peu. J'espère que ça n'est pas (trop) raté, en plus du retard. U__U
Oh, et il y a des spoilers. Pas très détaillés, mais il y en a. (Zut, j'aurai l'air maligne si tu cherchais à les éviter...)
Guts hait Griffith.
Il le déteste à en crever, pour ce qu'il leur à fait à eux, la troupe du faucon, la vraie, et le Midland peut bien crever à cause des Kushans, il n'en a rien à faire : il va tuer Griffith. Peut-être qu'il se fera l'autre monstre après, dans la foulée, mais celui qu'il veut (oh la bon sang d'ironie là-dedans), c'est Griffith.
On peut dire que c'est un héros, que la princesse l'aime, cette cruche, qu'il est roi du Midland ou bien de la terre entière, rien ne changera ça : il aura la peau de Griffith.
Il déteste entendre parler de lui ou de tout ce qui s'en rapproche, comme la troupe du faucon.
Quand les autres - les imbéciles heureux qui ne savent rien et qui ne veulent rien voir - parlent de Griffith et de ses chevaliers, ils donnent à Guts l'envie de vomir. Enfin, quand il n'est pas occupé à les découper en tranches, bien sûr. S'il n'est pas trop en rogne, il leur ricane au nez ; le plus souvent, il les fait fuir, d'un regard ou à coup de poings. Peu importe, dans tous les cas, il les arrête. Ce qu'ils racontent est tellement crétin que ça en devient insupportable.
Griffith est beau, beau comme un héros de conte de fée. Combien de fois il l'a entendue, cette phrase !
Et elle l'énerve toujours autant.
Oui, Griffith a une belle gueule - le nez fin, des grands yeux clair avec des cils de fille, des cheveux longs et fins. Quel rapport avec ces histoires de fées ?! Griffith a toujours été beau. Sa gueule d'ange, c'est tout ce qui lui reste d'humain, d'ailleurs. Tout le reste a commencé à pourrir il y a longtemps. Si tous ces débiles arrêtaient cinq minutes de le regarder en couinant et de prier pour qu'il gagne, ils pourraient peut-être s'en rendre compte.
Et puis qu'est-ce que ça change qu'il soit beau ?! Au point où ils en sont, ils l'auraient suivi même s'il était revenu avec le corps de Zodd. Ils lécheraient les pieds des apôtres sous leur vraie forme. Ils les applaudissent déjà sous leur vraie forme, ces imbéciles.
Ça a toujours été comme ça. Les gens se fiaient à la tête de Griffith, et ils s'imaginaient que parce qu'il était jeune et beau, il était gentil, il avait du coeur, il était là pour les sauver, et toutes ces conneries. S'ils avaient su le quart de la moitié de ce qui passait dans sa tête, ils auraient fui en hurlant. Guts le savait, à l'époque, et il le sait encore maintenant. C'est encore plus facile : il n'y a plus qu'une seule chose dans le crâne de Griffith. La conquête. Et c'est pour ça qu'on l'appelle sauveur.
Comment disaient Silke et Farnèze, déjà ? Maître des tas de monstres noirs tachés de crimes et roi de tous les crétins blancs aveugles.
Bien sûr que ça l'a surpris lui aussi. La première fois. Comme tout le monde.
Sauf que lui a eu vite fait de comprendre que si Griffith était resté beau, c'est parce qu'il était fort. Plus que ça : parce qu'il avait toujours été fort. Les cicatrices au visage, ça se fait rarement sur le champ de bataille ; dans une vraie guerre, c'est rare de survivre à une blessure à la tête. Les marques au visage, on se les fait quand on est môme, à l'entraînement. Même gosse, Griffith ne s'était jamais laissé toucher au visage, voilà ce qu'elle voulait dire, sa beauté. Et ça qui a vraiment marqué Guts, seulement ça.
Faut avouer que ça l'a gonflé, sur le moment. Il se prenait pour quoi, ce type ?! Avec sa tête de gonzesse et ses grands airs, il ressemblait plus à une tante qu'autre chose. Et puis, il lui avait dit qu'il le voulait, bordel. Il en a frémi de dégoût. Une putain de tante, il a pensé, sur le moment, et rien que pour ça, il a eu envie de lui en laisser une, de cicatrice, en plein milieu de la tronche, de préférence.
Et puis il est entré dans la troupe du faucon, il a vu Griffith mener des batailles, diriger ses hommes.
La beauté, c'était accessoire. Griffith était fort. Griffith était un stratège excellent. Il menait ses hommes sans efforts, sans marquer la hiérarchie, simplement en leur montrant sa force - et avec Casca dans ses talons pour hurler sur les incapables. Il a accueilli Guts sans singeries. Il lui a fait des blagues idiotes, en rigolant comme un chiard. Il lui a montré sa béhérit, avec un sourire de sale gosse. Il lui a sauvé la vie, encore et encore.
Le Griffith de cette époque n'était pas un héros de conte ou une connerie du même genre. Il acceptait ce que Guts était, puisqu'il prenait son caractère en compte dans ses plans. Il lui parlait de tout et rien, se plaignait des ronds-de-jambes des nobles. Il a sauvé la vie de Guts encore et encore, comme ça, sans vraie raison.
Si les gens qui s'extasient de la beauté de leur sauveur savaient ce que le Griffith humain en a fait, ils seraient dégoûtés.
Casca et lui étaient les seuls au courant, et maintenant il ne reste plus que lui, mais il s'en souvient. Il se souvient de sa surprise. Ce Griffith là ne sacrifiait pas ses hommes pour son rêve - pas de la même façon, pas sans se retourner vers eux et penser à eux avec affection... Ce Griffith là a sacrifié son corps et sa fierté pour épargner la vie de ses compagnons.
Tous ces crétins seraient dégoûtés d'entendre un truc pareil, pour sûr. Leur Griffith doit être beau parce que les héros de contes de fée sont toujours beaux à tomber par terre, et les héros de contes de fées n'ont jamais à vendre leur cul pour gagner des batailles. Guts sait ce que Griffith a pu ressentir - sur le moment, y penser a suffi à le faire frissonner. Accepter de vendre son corps, pour de l'argent ou même pour sauver la vie d'un compagnon, il n'en aurait pas été capable.
Peut-être que si ces abrutis avaient vu ce qu'il a fait de sa beauté en vendant son âme et ses amis, ils penseraient autre chose. Peut-être que s'ils savaient comment il a utilisé sa gueule d'ange, ils l'admireraient moins... Leur sauveur ne s'abaisserait pas à une chose pareille - les vies perdues sur un champ de bataille ne représentent rien pour un God Hand. Ou bien peut-être qu'ils iraient lui faire des avances. Ça serait sûrement drôle - si Guts pouvait encore trouver quelque chose amusant.
Et bien sûr, Griffith est galant, dévoué à sa dame, sa princesse.
Peut-être que si la princesse Charlotte savait ce que Griffith a fait de la femme qui l'aimait le plus au monde, elle ne le regarderait plus tout à fait de la même façon.
Casca a été la première à considérer Griffith comme un être humain, vulnérable, mortel. Elle a oublié tout ça aussi, encore que vu sa façon de courir à Griffith quand elle le rencontre... Guts se souvient encore, lui, de tout ce qu'elle a pu lui raconter. Elle était la seule à voir certaines des faiblesses de Griffith, et toujours la première à s'inquiéter pour lui. Les autres, dans la troupe du faucon (la vraie) défendaient Griffith dans les batailles, mais ils ne le croyaient pas vraiment capable de mourir.
C'était Griffith, il ne se laisserait pas tuer. Les héros ne meurent pas avant d'avoir fait tout ce qu'on attend d'eux. Casca se rongeait les sangs à chacune de ses blessures, parce qu'elle lui avait vu des faiblesses, et le savait aussi capable de mourir que les autres.
Il ne lui confiait aucun de ses états d'âme, elle connaissait sans doute encore moins ce qu'il pensait que Guts, et elle n'a jamais exigé qu'il lui dise ce qu'il faisait de son côté. Elle l'a fait payer à Guts, parce qu'elle était jalouse, et peut-être parce qu'elle devinait qu'il blesserait Griffith, un jour. Elle est tombée terriblement juste, en pointant cette faiblesse là, et probablement pour le reste aussi. Guts ne sait pas si c'est parce qu'elle était amoureuse de lui, ou juste parce qu'elle est une femme - Casca ne se comportait pas tout le temps comme un homme, même si elle jouait des coudes pour le faire oublier.
Les héros n'ont besoin de personne, aucun compagnon ne leur est indispensable. Griffith n'avait pas d'ami parmi la troupe, puisqu'ils n'étaient pas ses égaux - il plaçait la barre trop haut volontairement, parce qu'il était trop orgueilleux pour admettre qu'il tenait aux gens. Il ne se rendait pas compte - ou ne voulait pas se rendre compte, c'était Griffith - qu'il les blessait, tous les deux. Casca a eu la force de rester, de subir ce traitement là - peut-être parce qu'elle l'aimait plus que Guts, peut-être parce qu'elle l'adorait en partie comme les autres faucons. Casca savait que Griffith les regardait de haut, tous, qu'il ne les considérait pas comme des égaux. Elle savait que ses succès et sa chance le pourrissaient petit à petit, et elle ne lui en voulait pas. Elle avait déjà accepté qu'il ne la regarde pas comme une femme, elle acceptait qu'il ne la regarde pas comme une amie. Elle continuait à le suivre, supportait son orgueil et son mépris pour ce qu'elle lui donnait. Guts n'a pas pu le faire jusqu'au bout, lui. C'est peut-être sa seule raison de s'en vouloir.
Les héros ne doutent jamais, ils avancent et ils gagnent, encore et encore. Griffith ne l'avait montré qu'une fois, et Casca avait ouvert les yeux. Elle avait vu que celui qu'elle adorait n'était pas invulnérable, et elle ne l'en avait aimé que plus. Elle s'était dévouée encore, avait cherché à lui épargner les doutes, par tous les moyens - elle avait voulu chasser Guts, parce qu'elle avait senti que le "je te veux" de Griffith était une faiblesse, et que Guts était trop têtu pour ne pas blesser Griffith un jour. Elle souhaitait que le rêve de Griffith se réalise, mais elle ne voulait plus le voir payer de sa personne pour l'atteindre - c'était trop dur pour lui, il portait déjà trop de responsabilités.
Il n'y a pas de chemin pour un rêve aussi grand. Sauf dans les contes bien sûr.
Griffith est un sauveur, un prophète, un envoyé de Dieu.
Celle là non plus, elle n'est pas nouvelle. Elle le fait grincer des dents, parce qu'il se souvient l'avoir entendu de l'autre Griffith, et c'était peut-être vrai à l'époque. Plus maintenant. Griffith n'est pas un envoyé de leur Dieu, c'est l'envoyé des God Hands. Il ressemble sûrement à un ange, mais c'est un monstre. S'il savaient quel genre de dieux leur ont ramené Griffith, tous ces idiots mettraient moins d'énergie à prier - ça les aiderait peut-être à se débrouiller tous seuls, au lieu d'attendre que Dieu s'occupe de leur cas. Si Dieu existe, il a autre chose à faire que d'aider les gens, il faut croire. Si Dieu existe, il ne vaut pas mieux que les God Hands et leurs bouffons d'apôtres, de toute façon.
Peut-être que s'ils se décidaient à voir quels genre de monstres suivent Griffith et lui gagnent ses batailles, tous ces crétins arrêteraient de crier au miracle. Guts se demande ce qui se serait passé s'il n'y avait pas eu un traître parmi les apôtres. Qui est-ce qu'ils auraient massacré, s'il n'y avait pas eu les Kushans ? Qui est-ce qu'ils vont massacrer, après les Kushans ? Ah, ça va être drôle quand les larbins de Griffith s'apercevront de ce qu'il leur a apporté.
Les seuls humains qui ne suivent pas le nouveau Griffith sont jaloux de lui. Les nobles et leurs vieux préjugés continuent à lui en vouloir parce qu'il n'est pas né roi, de s'indigner parce qu'il a les faveur de leur reine. Aucun d'entre eux ne voit qui sont vraiment les soldats de Griffith, qui est vraiment le faucon. Ils pensent trop aux privilèges qu'il leur vole. Le seul à s'opposer au monstre Griffith est un apôtre. Il fallait bien un Judas pour trahir le nouveau prophète, sauf que bien sûr ce Judas là n'est pas de taille à le tuer. Il est là juste pour lui donner le beau rôle, pour que tout le monde le suive, pour faire de lui un héros. Cet ennemi là était prévu dans le plan des God Hands depuis le début, à coup sûr.
Le vrai traître ne peut être qu'un vrai faucon.
Guts n'a jamais vraiment cru en Dieu - il était mercenaire et a passé sa vie à tuer - et s'il y croit maintenant, c'est parce qu'il le déteste.
Guts ne supporte pas d'entendre les gens espérer après l'ancien Griffith, puis s'extasier devant le nouveau.
Il n'a jamais voulu rencontrer un héros de conte de fées. Griffith le sauveur, il en fera de la charpie, parce que le seul vrai Griffith est mort, avec tout le reste de la troupe du faucon, pour que les God Hands refabriquent cet espèce de monstre.
Auteur : Opaline (Participant 33)
Pour Malurette (Participant 31)
Fandom : Berserk
Persos/Couple : Guts, Casca, Griffith, CascaGriffith à sens unique, plus ou moins GriffithGutsCasca sous-entendu.
Disclaimer : Berserk et ses personnages appartiennent à Kentarô Miura.
Rating : PG-13 pour le langage.
Prompt : la relation triangulaire entre Griffith, Guts et Casca… hum, dans la série de base c'est déjà suffisamment complexe pour que j'en rajoute… mais si tu peux y mettre la dimension « adoration des Faucons pour Griffith », le fait qu'ils le considèrent un peu comme un dieu, mais que ça n'empêche pas Guts et Casca de voir aussi ses côtés entièrement humains ?
Notes : Je suis désolée n'avoir pas posté à temps. J'ai eu du mal à l'écrire et des problèmes de connexion internet pour le poster au dernier moment.
Et... Hem, le sujet était assez vague, et c'était ma première tentative sur Berserk. Je crois que j'ai un peu dérapé à côté du prompt. Guts n'est pas facile à écrire - le niveau de langue oscille un peu. J'espère que ça n'est pas (trop) raté, en plus du retard. U__U
Oh, et il y a des spoilers. Pas très détaillés, mais il y en a. (Zut, j'aurai l'air maligne si tu cherchais à les éviter...)
Guts hait Griffith.
Il le déteste à en crever, pour ce qu'il leur à fait à eux, la troupe du faucon, la vraie, et le Midland peut bien crever à cause des Kushans, il n'en a rien à faire : il va tuer Griffith. Peut-être qu'il se fera l'autre monstre après, dans la foulée, mais celui qu'il veut (oh la bon sang d'ironie là-dedans), c'est Griffith.
On peut dire que c'est un héros, que la princesse l'aime, cette cruche, qu'il est roi du Midland ou bien de la terre entière, rien ne changera ça : il aura la peau de Griffith.
Il déteste entendre parler de lui ou de tout ce qui s'en rapproche, comme la troupe du faucon.
Quand les autres - les imbéciles heureux qui ne savent rien et qui ne veulent rien voir - parlent de Griffith et de ses chevaliers, ils donnent à Guts l'envie de vomir. Enfin, quand il n'est pas occupé à les découper en tranches, bien sûr. S'il n'est pas trop en rogne, il leur ricane au nez ; le plus souvent, il les fait fuir, d'un regard ou à coup de poings. Peu importe, dans tous les cas, il les arrête. Ce qu'ils racontent est tellement crétin que ça en devient insupportable.
Griffith est beau, beau comme un héros de conte de fée. Combien de fois il l'a entendue, cette phrase !
Et elle l'énerve toujours autant.
Oui, Griffith a une belle gueule - le nez fin, des grands yeux clair avec des cils de fille, des cheveux longs et fins. Quel rapport avec ces histoires de fées ?! Griffith a toujours été beau. Sa gueule d'ange, c'est tout ce qui lui reste d'humain, d'ailleurs. Tout le reste a commencé à pourrir il y a longtemps. Si tous ces débiles arrêtaient cinq minutes de le regarder en couinant et de prier pour qu'il gagne, ils pourraient peut-être s'en rendre compte.
Et puis qu'est-ce que ça change qu'il soit beau ?! Au point où ils en sont, ils l'auraient suivi même s'il était revenu avec le corps de Zodd. Ils lécheraient les pieds des apôtres sous leur vraie forme. Ils les applaudissent déjà sous leur vraie forme, ces imbéciles.
Ça a toujours été comme ça. Les gens se fiaient à la tête de Griffith, et ils s'imaginaient que parce qu'il était jeune et beau, il était gentil, il avait du coeur, il était là pour les sauver, et toutes ces conneries. S'ils avaient su le quart de la moitié de ce qui passait dans sa tête, ils auraient fui en hurlant. Guts le savait, à l'époque, et il le sait encore maintenant. C'est encore plus facile : il n'y a plus qu'une seule chose dans le crâne de Griffith. La conquête. Et c'est pour ça qu'on l'appelle sauveur.
Comment disaient Silke et Farnèze, déjà ? Maître des tas de monstres noirs tachés de crimes et roi de tous les crétins blancs aveugles.
Bien sûr que ça l'a surpris lui aussi. La première fois. Comme tout le monde.
Sauf que lui a eu vite fait de comprendre que si Griffith était resté beau, c'est parce qu'il était fort. Plus que ça : parce qu'il avait toujours été fort. Les cicatrices au visage, ça se fait rarement sur le champ de bataille ; dans une vraie guerre, c'est rare de survivre à une blessure à la tête. Les marques au visage, on se les fait quand on est môme, à l'entraînement. Même gosse, Griffith ne s'était jamais laissé toucher au visage, voilà ce qu'elle voulait dire, sa beauté. Et ça qui a vraiment marqué Guts, seulement ça.
Faut avouer que ça l'a gonflé, sur le moment. Il se prenait pour quoi, ce type ?! Avec sa tête de gonzesse et ses grands airs, il ressemblait plus à une tante qu'autre chose. Et puis, il lui avait dit qu'il le voulait, bordel. Il en a frémi de dégoût. Une putain de tante, il a pensé, sur le moment, et rien que pour ça, il a eu envie de lui en laisser une, de cicatrice, en plein milieu de la tronche, de préférence.
Et puis il est entré dans la troupe du faucon, il a vu Griffith mener des batailles, diriger ses hommes.
La beauté, c'était accessoire. Griffith était fort. Griffith était un stratège excellent. Il menait ses hommes sans efforts, sans marquer la hiérarchie, simplement en leur montrant sa force - et avec Casca dans ses talons pour hurler sur les incapables. Il a accueilli Guts sans singeries. Il lui a fait des blagues idiotes, en rigolant comme un chiard. Il lui a montré sa béhérit, avec un sourire de sale gosse. Il lui a sauvé la vie, encore et encore.
Le Griffith de cette époque n'était pas un héros de conte ou une connerie du même genre. Il acceptait ce que Guts était, puisqu'il prenait son caractère en compte dans ses plans. Il lui parlait de tout et rien, se plaignait des ronds-de-jambes des nobles. Il a sauvé la vie de Guts encore et encore, comme ça, sans vraie raison.
Si les gens qui s'extasient de la beauté de leur sauveur savaient ce que le Griffith humain en a fait, ils seraient dégoûtés.
Casca et lui étaient les seuls au courant, et maintenant il ne reste plus que lui, mais il s'en souvient. Il se souvient de sa surprise. Ce Griffith là ne sacrifiait pas ses hommes pour son rêve - pas de la même façon, pas sans se retourner vers eux et penser à eux avec affection... Ce Griffith là a sacrifié son corps et sa fierté pour épargner la vie de ses compagnons.
Tous ces crétins seraient dégoûtés d'entendre un truc pareil, pour sûr. Leur Griffith doit être beau parce que les héros de contes de fée sont toujours beaux à tomber par terre, et les héros de contes de fées n'ont jamais à vendre leur cul pour gagner des batailles. Guts sait ce que Griffith a pu ressentir - sur le moment, y penser a suffi à le faire frissonner. Accepter de vendre son corps, pour de l'argent ou même pour sauver la vie d'un compagnon, il n'en aurait pas été capable.
Peut-être que si ces abrutis avaient vu ce qu'il a fait de sa beauté en vendant son âme et ses amis, ils penseraient autre chose. Peut-être que s'ils savaient comment il a utilisé sa gueule d'ange, ils l'admireraient moins... Leur sauveur ne s'abaisserait pas à une chose pareille - les vies perdues sur un champ de bataille ne représentent rien pour un God Hand. Ou bien peut-être qu'ils iraient lui faire des avances. Ça serait sûrement drôle - si Guts pouvait encore trouver quelque chose amusant.
Et bien sûr, Griffith est galant, dévoué à sa dame, sa princesse.
Peut-être que si la princesse Charlotte savait ce que Griffith a fait de la femme qui l'aimait le plus au monde, elle ne le regarderait plus tout à fait de la même façon.
Casca a été la première à considérer Griffith comme un être humain, vulnérable, mortel. Elle a oublié tout ça aussi, encore que vu sa façon de courir à Griffith quand elle le rencontre... Guts se souvient encore, lui, de tout ce qu'elle a pu lui raconter. Elle était la seule à voir certaines des faiblesses de Griffith, et toujours la première à s'inquiéter pour lui. Les autres, dans la troupe du faucon (la vraie) défendaient Griffith dans les batailles, mais ils ne le croyaient pas vraiment capable de mourir.
C'était Griffith, il ne se laisserait pas tuer. Les héros ne meurent pas avant d'avoir fait tout ce qu'on attend d'eux. Casca se rongeait les sangs à chacune de ses blessures, parce qu'elle lui avait vu des faiblesses, et le savait aussi capable de mourir que les autres.
Il ne lui confiait aucun de ses états d'âme, elle connaissait sans doute encore moins ce qu'il pensait que Guts, et elle n'a jamais exigé qu'il lui dise ce qu'il faisait de son côté. Elle l'a fait payer à Guts, parce qu'elle était jalouse, et peut-être parce qu'elle devinait qu'il blesserait Griffith, un jour. Elle est tombée terriblement juste, en pointant cette faiblesse là, et probablement pour le reste aussi. Guts ne sait pas si c'est parce qu'elle était amoureuse de lui, ou juste parce qu'elle est une femme - Casca ne se comportait pas tout le temps comme un homme, même si elle jouait des coudes pour le faire oublier.
Les héros n'ont besoin de personne, aucun compagnon ne leur est indispensable. Griffith n'avait pas d'ami parmi la troupe, puisqu'ils n'étaient pas ses égaux - il plaçait la barre trop haut volontairement, parce qu'il était trop orgueilleux pour admettre qu'il tenait aux gens. Il ne se rendait pas compte - ou ne voulait pas se rendre compte, c'était Griffith - qu'il les blessait, tous les deux. Casca a eu la force de rester, de subir ce traitement là - peut-être parce qu'elle l'aimait plus que Guts, peut-être parce qu'elle l'adorait en partie comme les autres faucons. Casca savait que Griffith les regardait de haut, tous, qu'il ne les considérait pas comme des égaux. Elle savait que ses succès et sa chance le pourrissaient petit à petit, et elle ne lui en voulait pas. Elle avait déjà accepté qu'il ne la regarde pas comme une femme, elle acceptait qu'il ne la regarde pas comme une amie. Elle continuait à le suivre, supportait son orgueil et son mépris pour ce qu'elle lui donnait. Guts n'a pas pu le faire jusqu'au bout, lui. C'est peut-être sa seule raison de s'en vouloir.
Les héros ne doutent jamais, ils avancent et ils gagnent, encore et encore. Griffith ne l'avait montré qu'une fois, et Casca avait ouvert les yeux. Elle avait vu que celui qu'elle adorait n'était pas invulnérable, et elle ne l'en avait aimé que plus. Elle s'était dévouée encore, avait cherché à lui épargner les doutes, par tous les moyens - elle avait voulu chasser Guts, parce qu'elle avait senti que le "je te veux" de Griffith était une faiblesse, et que Guts était trop têtu pour ne pas blesser Griffith un jour. Elle souhaitait que le rêve de Griffith se réalise, mais elle ne voulait plus le voir payer de sa personne pour l'atteindre - c'était trop dur pour lui, il portait déjà trop de responsabilités.
Il n'y a pas de chemin pour un rêve aussi grand. Sauf dans les contes bien sûr.
Griffith est un sauveur, un prophète, un envoyé de Dieu.
Celle là non plus, elle n'est pas nouvelle. Elle le fait grincer des dents, parce qu'il se souvient l'avoir entendu de l'autre Griffith, et c'était peut-être vrai à l'époque. Plus maintenant. Griffith n'est pas un envoyé de leur Dieu, c'est l'envoyé des God Hands. Il ressemble sûrement à un ange, mais c'est un monstre. S'il savaient quel genre de dieux leur ont ramené Griffith, tous ces idiots mettraient moins d'énergie à prier - ça les aiderait peut-être à se débrouiller tous seuls, au lieu d'attendre que Dieu s'occupe de leur cas. Si Dieu existe, il a autre chose à faire que d'aider les gens, il faut croire. Si Dieu existe, il ne vaut pas mieux que les God Hands et leurs bouffons d'apôtres, de toute façon.
Peut-être que s'ils se décidaient à voir quels genre de monstres suivent Griffith et lui gagnent ses batailles, tous ces crétins arrêteraient de crier au miracle. Guts se demande ce qui se serait passé s'il n'y avait pas eu un traître parmi les apôtres. Qui est-ce qu'ils auraient massacré, s'il n'y avait pas eu les Kushans ? Qui est-ce qu'ils vont massacrer, après les Kushans ? Ah, ça va être drôle quand les larbins de Griffith s'apercevront de ce qu'il leur a apporté.
Les seuls humains qui ne suivent pas le nouveau Griffith sont jaloux de lui. Les nobles et leurs vieux préjugés continuent à lui en vouloir parce qu'il n'est pas né roi, de s'indigner parce qu'il a les faveur de leur reine. Aucun d'entre eux ne voit qui sont vraiment les soldats de Griffith, qui est vraiment le faucon. Ils pensent trop aux privilèges qu'il leur vole. Le seul à s'opposer au monstre Griffith est un apôtre. Il fallait bien un Judas pour trahir le nouveau prophète, sauf que bien sûr ce Judas là n'est pas de taille à le tuer. Il est là juste pour lui donner le beau rôle, pour que tout le monde le suive, pour faire de lui un héros. Cet ennemi là était prévu dans le plan des God Hands depuis le début, à coup sûr.
Le vrai traître ne peut être qu'un vrai faucon.
Guts n'a jamais vraiment cru en Dieu - il était mercenaire et a passé sa vie à tuer - et s'il y croit maintenant, c'est parce qu'il le déteste.
Guts ne supporte pas d'entendre les gens espérer après l'ancien Griffith, puis s'extasier devant le nouveau.
Il n'a jamais voulu rencontrer un héros de conte de fées. Griffith le sauveur, il en fera de la charpie, parce que le seul vrai Griffith est mort, avec tout le reste de la troupe du faucon, pour que les God Hands refabriquent cet espèce de monstre.
no subject
Date: 2008-02-04 08:37 pm (UTC)(Et je ne regrette pas du tout d'avoir attendu, et je ne crains pas non plus les spoils, ne t'en fais pas ^^)
no subject
Date: 2008-02-05 04:58 pm (UTC)Je suis contente que ça te plaise malgré le retard, les coquilles et le registre qui joue au yoyo. ^^U
no subject
Date: 2008-03-07 11:27 am (UTC)