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Titre : Human enough
Auteur : Candélabre (Participant 22)
Pour : Mr. Pringles (Participant 10)
Fandom : Trinity Blood
Personnages/Pairing : Abel, Tres, Esther, Catherina, mention de Noëlle.
Rating : PG
Disclaimer : Tout est à Sunao Yoshida et Kiyo Kyujyô, Gonzo en ce qui concerne l’anime.
Prompt : Abel & Tres (en couple ou pas) (& Esther, mais ce n'est vraiment pas obligatoire, mais je les aime vaguement bien en trio). Peut-être que c'est parce que Abel essaie si fort d'être humain que Tres se comporte de moins en moins comme un simple robot...
Note : Le titre n’est pas à moi, je l’ai éhontément repompé sur un titre de fanmix mais il me plaisait bien.
Timeline située après le volume 4. En espérant que ça répondra à ta demande et que ça te plaira. Bonne lecture !



Ces derniers temps, Abel était assez morose. Il n’avait pas le sourire et ça se voyait. Esther, fidèle à elle-même réfléchissait à un moyen de dérider le prêtre. Cela lui faisait souci ; il restait seul, éludait les questions – comme toujours – et semblait continuellement plongé dans ses pensées. Il lui arrivait aussi parfois de murmurer vaguement quelques mots sans cohérence, un sourire triste aux lèvres. Esther avait de la peine.

Un peu en désespoir de cause, elle vint trouver le Cardinal Sforza. Cette dernière hésitait à lui expliquer l’état du Père Nightroad. Pouvait-elle décemment dire à Esther que c’était de sa faute si Abel était devenu une âme en peine ? Alors que cette jeune fille mettait tant de bonne volonté à aider le Vatican, qu’elle s’inquiétait de voir la tristesse du prêtre durer, pouvait-elle vraiment lui dire la vérité ? Embarrassée, la jeune femme s’apprêta à parler quand le Père Tres fit irruption dans la pièce. Bon timing.

« Ah, Tres, comment vont vos yeux ?

- Mieux. Le Père Wordsworth les a changés.

- C’est une bonne nouvelle. Esther, » ajouta-t-elle en se tournant vers la jeune fille « nous terminerons cette conversation plus tard. Le Père Tres va vous raccompagner. »

Elle ne pouvait pas contester l’autorité de la Cardinale. Après l’avoir saluée, elle sortit, son confrère sur ses talons. Les questions lui brûlaient les lèvres ; elle voulait lui demander s’il savait pourquoi le père Nightroad était dans cet état et comment faire pour lui redonner le sourire, et puis des explications sur ce qu’elle avait vu à Carthage, sur cette horrible créature qui semblait n’avoir fait qu’une bouchée du si gentil prêtre. Pourtant, elle ne parvint qu’à demander nerveusement :

« Dites-moi, Père Tres, cela a-t-il été douloureux ?

- Négatif. Je suis une machine, je ne sens pas la douleur. »

Etrange, pensa-t-elle, d’habitude il aurait demandé qu’elle précise sa question.

« Ah oui, c’est vrai… »

Esther songea que ces derniers temps, Tres lui paraissait beaucoup plus humain, ne serait-ce que parce qu’il parlait plus. Il était aussi beaucoup plus intuitif, comme s’il avait, au fil du temps, acquis la logique d’un être humain. Elle se sentit soudainement coupable de considérer Tres comme autre chose qu’un être humain mais en restant rationnelle, elle finit par se dire que biologiquement parlant, le doute n’avait pas lieu d’être.

Pourtant, depuis leur combat contre le baron de Luxor à Carthage, Esther ne pouvait pas s’empêcher de voir Tres comme un humain presque ordinaire avec ses humeurs, ses réactions et ses idées. Celui-ci s’était après tout opposé à ses supérieurs en décidant d’intervenir pour sauver Abel et les autres… Du moins, c’était ce qu’elle avait entendu dire.

La jeune fille était convaincue que quelques mois en arrière, le Père Tres n’aurait jamais osé faire une chose pareille. Elle savait que l’insubordination pouvait être lourde de conséquences ; le Gunslinger n’avait pas agi inconsidérément mais tout de même, l’opération avait présenté une part de risque – plutôt conséquente, d’ailleurs. Puis elle se souvint de la surprise qu’elle avait eue en regardant Abel et Tres évoluer ensemble.

La première fois, ils lui avaient fait l’effet d’un binôme d’équipiers, d’amis se connaissant sur le bout des doigts et capables de se faire confiance mutuellement. Elle avait bien évidemment appris à nuancer ses propos par la suite, néanmoins Esther demeurait certaine que s’il y avait une personne à même de comprendre et apaiser l’âme tourmentée du prêtre, c’était bien celui que l’on qualifiait de non-humain.

Etonnante constatation à la vérité.

Comment était-il possible que quelque chose puisse comprendre quelqu’un ? Revint alors brusquement à la mémoire de la jeune fille cette vision d’horreur qu’elle avait eue du Père Nightroad à Carthage. A cet instant précis, au moment où ses yeux s’étaient posés sur celui qu’elle avait toujours considéré comme une sorte de sauveur bienveillant, elle n’avait vu qu’une créature sombre et hostile.

Un monstre.

Etait-ce donc ceci qu’Abel avait toujours voulu lui cacher ? La raison pour laquelle il s’emmurait dans un silence impénétrable à chaque fois qu’elle lui demandait quelque chose ? Il avait une fois parlé du « prix de ses péchés »… mais quels péchés ? Et cette apparence terrifiante était-elle le prix en question ? Trop d’interrogations sans réponse se bousculaient dans sa tête ; elle ne parvenait pas à y voir clair et cela l’agaçait. Car elle était convaincue que le mal-être qu’elle sentait chez lui n’était pas sans remède.

Dans son optimisme un poil forcené, elle persistait à croire qu’à toute souffrance il existait un apaisement, un moyen de faire taire la douleur. Seulement elle savait très bien que pour l’instant, ce n’était pas elle qui avait ce remède. Elle n’était pas en mesure de l’aider et se retrouvait encore dans le rôle de celle qui ne sait pas, et qui ne peut être au final qu’un poids mort, une gêne.

Il n’y avait qu’en compagnie de Tres qu’Abel semblait retrouver un semblant de sourire et cette espèce d’alchimie qu’il existait entre les deux la fascinait tout en la rendant malade de jalousie. Elle n’avait eu l’occasion de connaître cette impression d’osmose qu’une fois dans sa vie. Dietrich, qu’elle avait cru pouvoir comprendre, de qui elle avait cru être comprise.

Elle devait se ressaisir. Le moment n’était pas à s’apitoyer sur son sort.

En tout cas il y avait un détail dont Esther était certaine : quelque chose d’ineffable s’était tissé entre ses deux amis ; quelque chose qui, curieusement, parvenait à faire de deux étranges créatures des êtres humains…



Euh… Fin ?

Date: 2009-07-17 08:37 am (UTC)
From: [identity profile] plume-de-plomb.livejournal.com
J'aime comment tout se développe par les yeux d'Esther <3

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