Titre : Une dernière fois avant que le jour ne se lève
Auteur : Pentel (Participant 13)
Pour : Masteen (Participant 16)
Fandom : Les lions d’Al-Rassan
Personnages/Pairing : Rodrigo/Ammar, Jehane
Rating : PG-13
Disclaimer : Les Lions appartiennent à Guy Gavriel Kay.
Prompt : AmmarXRodrigue (ou le contraire). Une dernière fois avant que le jour ne se lève et que nous ne soyons des ennemis.
Note : Merci pour ce très beau prompt. :)
J’ai eu beau essayer, je n’ai pas pu laisser Jehane en dehors de la relation. J’espère que cela ne te gène pas trop. J’ai tenté au maximum d’intégrer la scène comme une partie manquante du roman. Bonne lecture.
Elle ne pleure pas, mais ses yeux sont humides quand leurs lèvres se joignent. Elle se tient là, droite et fière, et lorsqu’il lui demande si elle est certaine, elle hoche simplement la tête.
« Va, » murmure-t-elle. « Tout ce qui devait être dit et échangé entre nous l’a été. Mais s’il meurt demain et que tu vis, tu regretteras toujours de ne pas lui avoir parlé ce soir. » Sa main caresse sa joue et elle fait un pas en arrière. « Je ne puis venir, mais porte lui mon message. Va, Ammar Ibn Khairan. »
Et il va.
-
Dans la pénombre bleue du couchant, le camp Jaddite installé dans la plaine commence à s’illuminer de feux orangés. Entre les tentes les soldats vont et viennent avec cette fébrilité contenue des veilles de combat. Les lunes vagabondes luisent faiblement dans le ciel, et les étoiles d’Ashar apparaissent progressivement, les unes après les autres.
Son cheval renâcle et Ammar détend légèrement les rênes. À une dizaine de mètres en avant Alvar parlemente à mi-voix avec la sentinelle Jaddite pour obtenir le passage. Ammar ne doute pas qu’il l’obtiendra et effectivement une estafette revient ventre à terre du centre du campement. La foule des fantassins ennemis s’ouvre devant eux dans un murmure hostile et inquisiteur tandis que les deux cavaliers s’enfoncent dans le camp.
Guidés par l’estafette, ils s’immobilisent finalement devant la tente du Capitaine et Ammar flatte un instant l’encolure de sa monture avant de jeter les rênes au page le plus proche, de se tourner vers Alvar et de lui confier son épée.
« Veille à ce que nous ne soyons pas dérangés, s’il te plait. »
Puis sans attendre plus, alors que les derniers rayons du soleil frappent les oriflammes marquées du symbole de Jad, il repousse les battants de toile et pénètre dans la tente.
Rodrigo l’attend, vêtu d’une simple tunique sans ornementation, debout à côté d’une table sur laquelle repose une lampe, un pot d’encre ouvert. La plume est encore humide et le parchemin sur lequel elle repose est à moitié empli de l’écriture nette et élégante du Capitaine.
« Tu n’aurais pas dû venir, ami. Tu devrais être auprès de Jehane. »
Ammar secoue la tête, fait un pas de plus dans la pièce tendue d’écarlate et plongée dans la pénombre.
« Elle a souhaité que je vienne. Quoi qu’il arrive, demain elle aura perdu l’un d’entre nous.
- Ce n’est qu’une raison de plus pour que tu restes auprès d’elle.
- Non. Tout ce qui devait être dit et échangé entre elle et moi l’a été. » Il reprend les mots qu’elle a prononcés même si en vérité il n’est pas certain de leur véracité. Mais il est vrai aussi que l’un d’entre eux sera mort demain, et que cette nuit est la dernière nuit.
Rodrigo l’observe en silence et Ammar se force à rester immobile. Il y a beaucoup à exprimer et bien peu de mots adéquats. Son éloquence si souvent louée en Al-Rassan comme au-delà ne lui est a présent que d’une piètre utilité et il se trouve à hésiter, lui le poète, le soldat qui a assassiné le dernier Khalife.
« Tu étais en train d’écrire. À ta femme ? »
Le Jaddite secoue la tête.
« Je n’ai rien à dire que Miranda ne sache déjà, elle ou les enfants. Elle sait tout ce qu’elle est pour moi, comme je sais tout ce que je suis pour elle. Je comptais passer la nuit à me préparer. Prier. Tenter de trouver la paix avec demain.
- Je... serais honoré de prier en ta compagnie, ami, si tu le veux bien.
La voix d’Ammar est rauque. Rodrigo baisse la tête un instant puis la relève pour le regarder et ses yeux brillent étrangement dans la lumière de la lanterne.
- L’honneur... serait pour moi Ammar. Tu le sais. »
Le silence s’installe de nouveau entre eux, comme un baume sur la blessure que le lendemain ouvrira.
« Je n’écrivais pas à Miranda », annonce soudain Rodrigo, et à sa voix Ammar sait qu’il vient de prendre une décision. « J’ai fini sa lettre avant de commencer celle-ci. » Un signe désigne la table et, rangé sur le bois sombre au côté de la lettre entamée, il y a effectivement des parchemins soigneusement roulés, scellés de rouge du sceau des Bellmonte. « Cette lettre était pour vous. Pour toi et Jehane.
- Je... comprend. »
Et en vérité il comprend, mieux qu’il ne pourrait le dire, mieux qu’il ne saurait l’exprimer. Il sait, Rodrigo le sait et Jehane également, l’a su probablement bien avant le moindre d’entre eux. Mais que cette nuit soit la dernière ne change pas ce qu’ils sont, au plus profond d’eux-mêmes. Elle ne change ni le passé, ni les devoirs, ni les responsabilités. C’est simplement la dernière, ni plus ni moins.
Mais parce que c’est la dernière nuit, que le soleil se lèvera bien trop tôt et qu’il comprend, Ammar fait un choix qu’il était encore incertain de pouvoir faire il y a quelques minutes encore, il y a une heure alors qu’il quittait Jehane et chevauchait vers le camp Jaddite.
« Jehane aurait voulu venir, » dit-il finalement. « Mais elle sait la promesse que tu as faite à Miranda et elle sait que te mettre en position de la rompre serait… infiniment cruel, pour toi, pour nous tous. » Rodrigo le fixe, ne répond pas, mais Ammar peut lire la tension soudaine dans la ligne de ses épaules aussi sûrement qu’un cri. « C’est un choix que n’a pas le droit de te demander de faire, ni elle, ni moi. Aussi est-elle restée. Mais elle m’a chargé… d’un message. Pour toi, si tu le veux bien. »
Rodrigo semble une statue de sel et avec une douleur sourde dans la poitrine, Ammar se demande s’il n’a pas poussé trop loin, si définir l’impossibilité à voix haute ne l’a pas rendue plus insurmontable. Mais finalement Rodrigo hoche la tête, un signe infime mais suffisant pour que l’Asharite fasse un pas dans sa direction, puis un autre, dans la lumière jaune des flammes, jusqu’à ce qu’enfin ils se tiennent face à face, proches à se toucher.
Et finalement Ammar franchi le reste de la distance et ses lèvres viennent caresser celles de Rodrigo comme Jehane a touché les siennes avant qu’il ne parte, un effleurement lent et intime. Comme si par le contact muet pouvait passer tout ce qu’il y a dire, à faire comprendre.
Mais ce baiser encore pourrait être celui de deux égaux, un pacte de respect mutuel. Et c’est cela bien sûr, mais c’est aussi bien plus, tellement plus et Rodrigo le sait, parce que sa main vient se glisser sur sa nuque, que ses lèvres s’ouvrent sous celles d’Ammar, scellant le sens du message.
Puis Rodrigo recule d’un pas, bien trop tôt, séparant leurs visages mais gardant le contact de leurs corps.
« Le message ne venait pas seulement de Jehane, » murmure Ammar, un peu inutilement, mais cela au moins se doit d’être dit à voix haute. Et Rodrigo sourit soudain, un sourire à la fois las, apaisé et plein d’amusement.
« Je sais. » répond-t-il en appuyant son front contre le sien. « Et c’est pour cela que ma réponse ne lui était pas uniquement destinée. »
Ammar rit un peu à cela, mais c’est la dernière nuit et le rire meurt sur ses lèvres.
« Ce fut un honneur que de me battre avec toi, puis contre toi Rodrigo Bellmonte, Fléau de Jad. Peu importe ce qui se passera demain, cela est vrai et le restera. »
Rodrigo ferme les yeux et une douleur sourde passe sur son visage, écho de celle que ressent Ammar.
« Jamais je n’aurais pu rêver d’un frère d’arme, d’un ami, ou d’un adversaire plus digne que toi, Ammar Ibn Khairan. Je regrette...
- Nous avons choisit conformément à ce que nous sommes, il n’y a rien à regretter. Même le soleil se couche.
- Même le soleil se couche, » répète Rodrigo, avant que leurs lèvres ne se joignent de nouveau.
-
Quand ils se séparent finalement Rodrigo reste un instant immobile, plongé dans ses pensés.
« Ammar, diras-tu à Jehane...
- Jehane sait, » promet-il. « Mais je le lui dirais. »
Leurs mains se joignent entre eux, paumes contre paume. A l’extérieur, au-delà du mur de toile, résonnent la rumeur du camp plongé dans la torpeur nocturne, les cris d’oiseux nocturnes, le hennissement occasionnel des chevaux.
« Adieu donc, ami, murmure Rodrigo.
- Non, » répond Ammar d’une voix rauque avant de franchir la porte. « À demain. »
-
Que seule parle la tristesse ce soir
Qu'elle nomme les lunes
Que la pâle lumière bleue soit Oubli
Et la blanche, Mémoire.
Que les nuages cachent l'éclat
Des hautes et saintes étoiles
Et enveloppent le point d'eau
Où il aimait à apaiser sa soif.
Là où viennent maintenant de moindres bêtes
Puisque le Lion n'y viendra plus.
Auteur : Pentel (Participant 13)
Pour : Masteen (Participant 16)
Fandom : Les lions d’Al-Rassan
Personnages/Pairing : Rodrigo/Ammar, Jehane
Rating : PG-13
Disclaimer : Les Lions appartiennent à Guy Gavriel Kay.
Prompt : AmmarXRodrigue (ou le contraire). Une dernière fois avant que le jour ne se lève et que nous ne soyons des ennemis.
Note : Merci pour ce très beau prompt. :)
J’ai eu beau essayer, je n’ai pas pu laisser Jehane en dehors de la relation. J’espère que cela ne te gène pas trop. J’ai tenté au maximum d’intégrer la scène comme une partie manquante du roman. Bonne lecture.
Elle ne pleure pas, mais ses yeux sont humides quand leurs lèvres se joignent. Elle se tient là, droite et fière, et lorsqu’il lui demande si elle est certaine, elle hoche simplement la tête.
« Va, » murmure-t-elle. « Tout ce qui devait être dit et échangé entre nous l’a été. Mais s’il meurt demain et que tu vis, tu regretteras toujours de ne pas lui avoir parlé ce soir. » Sa main caresse sa joue et elle fait un pas en arrière. « Je ne puis venir, mais porte lui mon message. Va, Ammar Ibn Khairan. »
Et il va.
-
Dans la pénombre bleue du couchant, le camp Jaddite installé dans la plaine commence à s’illuminer de feux orangés. Entre les tentes les soldats vont et viennent avec cette fébrilité contenue des veilles de combat. Les lunes vagabondes luisent faiblement dans le ciel, et les étoiles d’Ashar apparaissent progressivement, les unes après les autres.
Son cheval renâcle et Ammar détend légèrement les rênes. À une dizaine de mètres en avant Alvar parlemente à mi-voix avec la sentinelle Jaddite pour obtenir le passage. Ammar ne doute pas qu’il l’obtiendra et effectivement une estafette revient ventre à terre du centre du campement. La foule des fantassins ennemis s’ouvre devant eux dans un murmure hostile et inquisiteur tandis que les deux cavaliers s’enfoncent dans le camp.
Guidés par l’estafette, ils s’immobilisent finalement devant la tente du Capitaine et Ammar flatte un instant l’encolure de sa monture avant de jeter les rênes au page le plus proche, de se tourner vers Alvar et de lui confier son épée.
« Veille à ce que nous ne soyons pas dérangés, s’il te plait. »
Puis sans attendre plus, alors que les derniers rayons du soleil frappent les oriflammes marquées du symbole de Jad, il repousse les battants de toile et pénètre dans la tente.
Rodrigo l’attend, vêtu d’une simple tunique sans ornementation, debout à côté d’une table sur laquelle repose une lampe, un pot d’encre ouvert. La plume est encore humide et le parchemin sur lequel elle repose est à moitié empli de l’écriture nette et élégante du Capitaine.
« Tu n’aurais pas dû venir, ami. Tu devrais être auprès de Jehane. »
Ammar secoue la tête, fait un pas de plus dans la pièce tendue d’écarlate et plongée dans la pénombre.
« Elle a souhaité que je vienne. Quoi qu’il arrive, demain elle aura perdu l’un d’entre nous.
- Ce n’est qu’une raison de plus pour que tu restes auprès d’elle.
- Non. Tout ce qui devait être dit et échangé entre elle et moi l’a été. » Il reprend les mots qu’elle a prononcés même si en vérité il n’est pas certain de leur véracité. Mais il est vrai aussi que l’un d’entre eux sera mort demain, et que cette nuit est la dernière nuit.
Rodrigo l’observe en silence et Ammar se force à rester immobile. Il y a beaucoup à exprimer et bien peu de mots adéquats. Son éloquence si souvent louée en Al-Rassan comme au-delà ne lui est a présent que d’une piètre utilité et il se trouve à hésiter, lui le poète, le soldat qui a assassiné le dernier Khalife.
« Tu étais en train d’écrire. À ta femme ? »
Le Jaddite secoue la tête.
« Je n’ai rien à dire que Miranda ne sache déjà, elle ou les enfants. Elle sait tout ce qu’elle est pour moi, comme je sais tout ce que je suis pour elle. Je comptais passer la nuit à me préparer. Prier. Tenter de trouver la paix avec demain.
- Je... serais honoré de prier en ta compagnie, ami, si tu le veux bien.
La voix d’Ammar est rauque. Rodrigo baisse la tête un instant puis la relève pour le regarder et ses yeux brillent étrangement dans la lumière de la lanterne.
- L’honneur... serait pour moi Ammar. Tu le sais. »
Le silence s’installe de nouveau entre eux, comme un baume sur la blessure que le lendemain ouvrira.
« Je n’écrivais pas à Miranda », annonce soudain Rodrigo, et à sa voix Ammar sait qu’il vient de prendre une décision. « J’ai fini sa lettre avant de commencer celle-ci. » Un signe désigne la table et, rangé sur le bois sombre au côté de la lettre entamée, il y a effectivement des parchemins soigneusement roulés, scellés de rouge du sceau des Bellmonte. « Cette lettre était pour vous. Pour toi et Jehane.
- Je... comprend. »
Et en vérité il comprend, mieux qu’il ne pourrait le dire, mieux qu’il ne saurait l’exprimer. Il sait, Rodrigo le sait et Jehane également, l’a su probablement bien avant le moindre d’entre eux. Mais que cette nuit soit la dernière ne change pas ce qu’ils sont, au plus profond d’eux-mêmes. Elle ne change ni le passé, ni les devoirs, ni les responsabilités. C’est simplement la dernière, ni plus ni moins.
Mais parce que c’est la dernière nuit, que le soleil se lèvera bien trop tôt et qu’il comprend, Ammar fait un choix qu’il était encore incertain de pouvoir faire il y a quelques minutes encore, il y a une heure alors qu’il quittait Jehane et chevauchait vers le camp Jaddite.
« Jehane aurait voulu venir, » dit-il finalement. « Mais elle sait la promesse que tu as faite à Miranda et elle sait que te mettre en position de la rompre serait… infiniment cruel, pour toi, pour nous tous. » Rodrigo le fixe, ne répond pas, mais Ammar peut lire la tension soudaine dans la ligne de ses épaules aussi sûrement qu’un cri. « C’est un choix que n’a pas le droit de te demander de faire, ni elle, ni moi. Aussi est-elle restée. Mais elle m’a chargé… d’un message. Pour toi, si tu le veux bien. »
Rodrigo semble une statue de sel et avec une douleur sourde dans la poitrine, Ammar se demande s’il n’a pas poussé trop loin, si définir l’impossibilité à voix haute ne l’a pas rendue plus insurmontable. Mais finalement Rodrigo hoche la tête, un signe infime mais suffisant pour que l’Asharite fasse un pas dans sa direction, puis un autre, dans la lumière jaune des flammes, jusqu’à ce qu’enfin ils se tiennent face à face, proches à se toucher.
Et finalement Ammar franchi le reste de la distance et ses lèvres viennent caresser celles de Rodrigo comme Jehane a touché les siennes avant qu’il ne parte, un effleurement lent et intime. Comme si par le contact muet pouvait passer tout ce qu’il y a dire, à faire comprendre.
Mais ce baiser encore pourrait être celui de deux égaux, un pacte de respect mutuel. Et c’est cela bien sûr, mais c’est aussi bien plus, tellement plus et Rodrigo le sait, parce que sa main vient se glisser sur sa nuque, que ses lèvres s’ouvrent sous celles d’Ammar, scellant le sens du message.
Puis Rodrigo recule d’un pas, bien trop tôt, séparant leurs visages mais gardant le contact de leurs corps.
« Le message ne venait pas seulement de Jehane, » murmure Ammar, un peu inutilement, mais cela au moins se doit d’être dit à voix haute. Et Rodrigo sourit soudain, un sourire à la fois las, apaisé et plein d’amusement.
« Je sais. » répond-t-il en appuyant son front contre le sien. « Et c’est pour cela que ma réponse ne lui était pas uniquement destinée. »
Ammar rit un peu à cela, mais c’est la dernière nuit et le rire meurt sur ses lèvres.
« Ce fut un honneur que de me battre avec toi, puis contre toi Rodrigo Bellmonte, Fléau de Jad. Peu importe ce qui se passera demain, cela est vrai et le restera. »
Rodrigo ferme les yeux et une douleur sourde passe sur son visage, écho de celle que ressent Ammar.
« Jamais je n’aurais pu rêver d’un frère d’arme, d’un ami, ou d’un adversaire plus digne que toi, Ammar Ibn Khairan. Je regrette...
- Nous avons choisit conformément à ce que nous sommes, il n’y a rien à regretter. Même le soleil se couche.
- Même le soleil se couche, » répète Rodrigo, avant que leurs lèvres ne se joignent de nouveau.
-
Quand ils se séparent finalement Rodrigo reste un instant immobile, plongé dans ses pensés.
« Ammar, diras-tu à Jehane...
- Jehane sait, » promet-il. « Mais je le lui dirais. »
Leurs mains se joignent entre eux, paumes contre paume. A l’extérieur, au-delà du mur de toile, résonnent la rumeur du camp plongé dans la torpeur nocturne, les cris d’oiseux nocturnes, le hennissement occasionnel des chevaux.
« Adieu donc, ami, murmure Rodrigo.
- Non, » répond Ammar d’une voix rauque avant de franchir la porte. « À demain. »
-
Que seule parle la tristesse ce soir
Qu'elle nomme les lunes
Que la pâle lumière bleue soit Oubli
Et la blanche, Mémoire.
Que les nuages cachent l'éclat
Des hautes et saintes étoiles
Et enveloppent le point d'eau
Où il aimait à apaiser sa soif.
Là où viennent maintenant de moindres bêtes
Puisque le Lion n'y viendra plus.
no subject
Date: 2009-08-09 11:36 am (UTC)Vraiment, félicitation, tu as fait une heureuse =^^=
-M-
no subject
Date: 2009-09-10 10:14 am (UTC)Honnêtement, en ce qui me concerne je ne peux pas envisager ce pairing sans Jehane plus ou moins impliquée, et je suis contente que son inclusion ne t'ai pas trop gênée...
no subject
Date: 2009-09-21 07:18 pm (UTC)La version corrigée de la fic est là : http://jainas.livejournal.com/75129.html
no subject
Date: 2009-08-24 03:58 pm (UTC)no subject
Date: 2009-09-10 10:15 am (UTC)no subject
Date: 2009-09-06 03:28 pm (UTC)Oh m... tu m'as fait pleurer. Et la réutilisation du poème à la fin, c'est juste parfait.
no subject
Date: 2009-09-10 10:09 am (UTC)Mais à vrai dire j'ai réalisé après l'avoir posté qu'il y avait quelques petites erreurs de ça de là, notamment que Rodrigo et Ammar se vouvoient dans le livre... Dès que l'anonymat sera levé je posterais une version un peu corrigée sur mon lj.